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Guide 04 / 65 · Salvador · 18 min · 4 200 mots

Histoire & Héritage Afro-Brésilien Pelourinho, candomblé, capoeira

La première capitale du Brésil, le port qui a reçu plus d'Africains réduits en esclavage que tout autre des Amériques, et la culture qui s'est élevée de cette tragédie : candomblé, capoeira, et le Pelourinho aujourd'hui.

Par Via Avantgarde

L'essentiel en 30 secondes

Salvador a été la première capitale du Brésil (1549–1763) et le port qui a reçu plus d'Africains réduits en esclavage qu'aucun autre des Amériques — on estime qu'entre 1,3 et 1,8 million de personnes ont débarqué dans la Baie de Tous les Saints pendant trois siècles de traite. La ville qui s'est élevée de cette tragédie est aujourd'hui le cœur de la culture afro-brésilienne : le candomblé y est né, la capoeira y est née, le samba-reggae y est né, et le Pelourinho — l'ensemble colonial le mieux conservé des Amériques, classé par l'UNESCO en 1985 — est la scène où tout cela se manifeste encore. Pour comprendre Bahia, il faut comprendre que Salvador est une ville noire : 80 % de ses 2,4 millions d'habitants sont afrodescendants, la plus grande ville à majorité noire en dehors du continent africain. Ce guide explique ce qu'il faut voir, ressentir et respecter.

Le port qui a reçu le monde — et gardé le secret

Quand Tomé de Souza débarqua en 1549 et fonda la Cité de Salvador de la Baie de Tous les Saints, il ouvrait le premier port colonial des Amériques portugaises et la première capitale d'une colonie qui deviendrait le Brésil. Pendant 214 ans, jusqu'au transfert de la capitale à Rio de Janeiro en 1763, Salvador fut la ville du Brésil. C'est ici qu'arrivaient les bateaux, c'est d'ici que partait l'or du Minas Gerais, c'est ici que vivaient les gouverneurs, et c'est ici que débarquaient les Africains réduits en esclavage.

Les chiffres coûtent à absorber. Entre 1550 et 1888, année de l'abolition, on estime que 4,8 millions d'Africains réduits en esclavage ont débarqué au Brésil — près de dix fois le total arrivé aux États-Unis (environ 388 000). Sur ces 4,8 millions, près d'un tiers a débarqué à Salvador, venant principalement de quatre régions d'Afrique occidentale et centrale-occidentale : du Golfe du Bénin (peuples yoruba, jeje, hausa), du Golfe de Guinée, de la Côte de Mina, et des royaumes de Kongo et d'Angola (peuples bantous). Chacun a apporté sa langue, sa religion, sa musique, sa cuisine. Salvador est ce qui a survécu à cette rencontre forcée.

Le Pelourinho — le nom dit la vérité

Le mot Pelourinho n'est pas un détail folklorique : c'était littéralement la colonne de pierre où les Africains esclavisés étaient attachés, fouettés et exhibés en châtiment public. Le Largo do Pelourinho d'aujourd'hui — le coin le plus photographié de Salvador, avec ses maisons colorées en file qui descendent la pente — est l'endroit exact où ces fouettages publics avaient lieu, du XVIᵉ siècle à l'abolition. Le parcourir, c'est marcher dans l'histoire la plus dure du Brésil. C'est aussi marcher dans le lieu où, après des siècles, une culture entière a resurgi.

Le Pelourinho a eu trois vies. La première, du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, fut celle de place publique de la capitale coloniale. La deuxième, de la fin du XIXᵉ aux années 1980, fut de décadence progressive : après l'abolition et le déplacement du centre économique vers la Cidade Baixa, les maisons sont devenues des taudis et le quartier une zone de grande pauvreté. La troisième vie a commencé en 1985, lorsque le centre historique a été classé Patrimoine mondial par l'UNESCO, et en 1992, lorsque le gouvernement de Bahia a lancé le controversé Programme de Récupération du Centre Historique, qui a déplacé des milliers d'habitants à bas revenus et restauré les façades. Le résultat est la carte postale que l'on voit aujourd'hui — belle, vibrante et jamais simple.

Ce que vous verrez aujourd'hui, en descendant la pente, c'est l'Église Nossa Senhora do Rosário dos Pretos (l'église de la Confrérie Noire), le Largo do Pelourinho proprement dit, la Fundação Casa de Jorge Amado, la Casa do Olodum et la Casa do Carnaval. Tout autour, des dizaines d'ateliers d'artisanat, de restaurants et — les mardis et dimanches — des rodas de capoeira en plein air, des sessions de samba et de percussion. Le Pelourinho est un théâtre permanent, et la scène est exactement à l'endroit où se dressait la colonne.

Église Nossa Senhora do Rosário dos Pretos — l'église que les esclavisés eux-mêmes ont bâtie

Au milieu du Largo do Pelourinho se dresse l'une des églises les plus émouvantes du Brésil. L'Église Nossa Senhora do Rosário dos Pretos a été construite sur plus d'un siècle (1704–1820) par les esclavisés eux-mêmes, dans les heures volées au travail forcé, avec l'argent réuni par la Confrérie du Rosaire — l'une des rares institutions où les Africains pouvaient s'organiser collectivement sous le régime colonial. La façade bleu et blanc est ce qui survit de cette architecture collective. À l'intérieur, le mélange à l'autel de saints catholiques et d'orixás syncrétiques est le registre physique de la façon dont le candomblé a survécu : derrière Notre-Dame du Rosaire, Iemanjá ; derrière Saint Georges, Ogum ; derrière Sainte Barbe, Iansã.

Allez aux messes du mardi soir, quand le chœur chante en yoruba et en portugais et que le son des atabaques se mêle à celui de l'orgue. C'est la seule messe catholique au monde où des tambours de candomblé sonnent à l'intérieur de la nef. La messe est gratuite ; la visite diurne coûte R$ 5 symboliques, avec accès à la crypte.

Visitez aussi le Cemitério dos Pretos, à côté, où sont enterrés beaucoup des esclavisés qui ont élevé l'église — l'une des rares nécropoles dédiées aux Africains du Brésil colonial.

Candomblé — la religion arrivée par bateau

Le candomblé est la religion que les peuples yoruba, jeje et bantou ont préservée en traversant l'Atlantique enchaînés. Tout — le panthéon des orixás, les rythmes des atabaques, les nourritures votives, les chants en yoruba — a survécu intact, dans la clandestinité, durant trois cents ans, caché derrière les saints catholiques que les colons les obligeaient à vénérer. Salvador est aujourd'hui la capitale mondiale du candomblé, avec plus de deux mille maisons de culte enregistrées à Bahia.

Trois maisons fondatrices appartiennent à tout itinéraire sérieux. La première est l'Ilê Axé Iyá Nassô Oká — connue sous le nom de Casa Branca do Engenho Velho, dans le quartier Vasco da Gama. Fondée vers 1830 par trois femmes esclavisées venues de Ketu (aujourd'hui Bénin), c'est le terreiro en fonctionnement continu le plus ancien du Brésil, classé patrimoine fédéral par l'IPHAN en 1986 — la première reconnaissance d'un terreiro de candomblé dans l'histoire du pays. La deuxième est l'Ilê Iyá Omi Axé Iyamassê — le Terreiro do Gantois, dans l'Alto do Gantois — fondé en 1849 par Mãe Júlia, et dirigé jusqu'à aujourd'hui par la lignée de Mãe Menininha do Gantois (1894–1986), la prêtresse la plus connue internationalement du candomblé brésilien. La troisième est l'Ilê Axé Opô Afonjá, à São Gonçalo do Retiro — fondé en 1910 et dirigé pendant une bonne partie du XXᵉ siècle par Mãe Stella de Oxóssi, la première mãe-de-santo devenue intellectuelle publique nationale.

Il est possible de visiter les maisons, mais sous des règles claires : jamais sans annonce préalable, toujours en vêtements blancs, toujours en silence pendant les fêtes publiques (événements ouverts aux non-initiés), ne jamais photographier la salle du saint, ne jamais utiliser le mot « macumba » (péjoratif). Via Avantgarde organise des visites guidées avec un chercheur local, toujours coordonnées avec la maison concernée.

Les orixás — une famille qui a traversé l'Atlantique

Les orixás sont les forces naturelles et ancestrales que le candomblé vénère. Ils sont venus avec les yoruba du Royaume d'Oyó (actuel sud-ouest du Nigeria) et chacun gouverne un aspect du monde. Oxalá — père de tous, seigneur de la création. Iemanjá — mère des eaux salées, de la mer, de la maternité. Oxum — dame des eaux douces, de la fertilité, de l'or, de l'amour. Iansã (Oyá) — dame des vents, des orages et des morts. Xangô — seigneur de la justice et du tonnerre. Ogum — guerrier, seigneur du fer et des chemins. Oxóssi — chasseur, seigneur des forêts. Exu — messager entre le monde des hommes et celui des orixás (et l'orixá le moins compris hors de Bahia, souvent confondu avec le « démon » chrétien par les missionnaires et les médias).

Chaque orixá a sa couleur, son jour de la semaine, sa nourriture votive, son rythme d'atabaque, sa danse, son vêtement. Quand vous voyez une bahiana de acarajé en large jupe blanche dans les rues du Pelourinho, vous voyez la tenue cérémonielle d'une fille d'Oxalá. Quand vous voyez quelqu'un en bleu et blanc à la Lavagem do Bonfim, c'est Iemanjá. Quand vous voyez le rouge et blanc de Xangô, c'est un fils de Xangô. Tout Salvador est vêtu en orixá, même qui ne le sait pas.

Capoeira — la danse qui était combat

La capoeira est née dans les moulins du Recôncavo et dans les senzalas de Salvador comme une lutte déguisée en danse. Les Africains esclavisés — à qui il était interdit de porter des armes et de pratiquer des arts martiaux — ont développé un système de combat qui, aux yeux des contremaîtres, ressemblait à un jeu. Le berimbau marquait le tempo, la roda donnait la structure, et les mouvements — ginga, chapéu de couro, meia-lua, rabo-de-arraia — cachaient des coups, des coups de pied et des balayages d'une sophistication technique brutale. La capoeira a été criminalisée par le Code pénal brésilien de 1890 et seulement décriminalisée en 1937, sous Vargas, qui en a fait un « sport national » — l'une des ironies les plus cruelles de l'histoire culturelle brésilienne.

Deux écoles, toutes deux nées à Salvador. La Capoeira Regional a été codifiée par Mestre Bimba (Manoel dos Reis Machado, 1899–1974), qui a ouvert la première académie de capoeira légalement enregistrée du Brésil en 1932 — le Centre de Culture Physique et Capoeira Regional. Bimba a modernisé l'art, introduit une séquence pédagogique, enseigné en uniforme et démontré que la lutte fonctionnait — en 1937, il fut reçu par Vargas au Palácio do Catete. La Capoeira Angola a été codifiée par Mestre Pastinha (Vicente Ferreira Pastinha, 1889–1981), qui a ouvert son Centro Esportivo de Capoeira Angola en 1941 dans le Pelourinho. La capoeira de Pastinha est plus lente, plus près du sol, plus rituelle — plus proche de ce qui se jouait au XIXᵉ siècle.

Aujourd'hui, à Salvador, la capoeira est partout. Les rodas ouvertes ont lieu les mardis et dimanches sur le Largo do Pelourinho et devant le Forte da Capoeira, à Santo Antônio. Les principales académies pour visiteurs sont l'Association Mestre Bimba (Praça da Sé), la Fondation Mestre Bimba (Pelourinho) et le Forte da Capoeira — une fortification du XVIIᵉ siècle restaurée et convertie en centre de capoeira, avec des cours ouverts au public et un musée permanent. Entrée R$ 10. Cours d'essai entre R$ 50 et R$ 80.

Église de São Francisco — et l'or qui cache une histoire

En remontant la Praça Anchieta depuis le Largo, vous arrivez à l'Église et Couvent de São Francisco (1708–1755) — l'une des églises baroques les plus riches des Amériques. Huit cents kilos de feuilles d'or couvrent l'intérieur en couches qui captent la lumière des vitraux. Le cloître d'azulejos portugais du XVIIIᵉ siècle raconte des scènes allégoriques en panneaux séquentiels. Entrée R$ 10, et cela vaut une heure entière.

Ce que l'on ne dit presque jamais au touriste, c'est qui a sculpté ce plafond. Les sculpteurs étaient en grande partie esclavisés — notamment le Mestre Manuel Inácio da Costa et des équipes d'artisans noirs sous la direction de maîtres portugais. Et il existe une légende persistante, consignée par Pierre Verger et Jorge Amado : les sculpteurs noirs, sachant que les colons ne les paieraient jamais, auraient sculpté en secret, parmi les détails baroques, des organes génitaux féminins exagérés, des visages déformés et des symboles yoruba déguisés en chérubins. Regardez de près. Vous les trouverez.

Museu Afro-Brasileiro — l'histoire racontée par ceux qui l'ont vécue

Le Museu Afro-Brasileiro (MAFRO/UFBA) se trouve dans l'ancienne Faculdade de Medicina, sur la Praça Terreiro de Jesus — la première faculté du Brésil (1808). Il est petit, gratuit et absolument essentiel. Cinq salles couvrent la traite transatlantique, la vie dans les moulins à sucre, la religion, la nourriture et la culture afro-bahianaise contemporaine. La pièce la plus marquante est l'ensemble des 27 panneaux en bois sculpté par Carybé entre 1968 et 1969, qui représentent les orixás à l'échelle monumentale — commandés à l'origine pour le Banco da Bahia et transférés au musée en 1982. Carybé (1911–1997) fut l'artiste argentino-bahianais qui a peint Bahia plus qu'aucun Brésilien, et les panneaux des orixás sont l'œuvre maîtresse iconographique de la culture afro-bahianaise.

Combinez la visite avec le Musée d'Ethnologie et d'Archéologie (MAE) voisin, dans le même bâtiment, et avec la Cathédrale Basilique de Salvador, de l'autre côté de la place — l'église où les jésuites baptisaient les esclavisés fraîchement arrivés, avant qu'elle ne soit élevée au rang de cathédrale en 1933.

La Casa de Jorge Amado et la littérature de la Bahia noire

Au cœur du Pelourinho, au Largo do Pelourinho 51, se trouve la Fundação Casa de Jorge Amado. Jorge Amado (1912–2001) est l'écrivain qui a rendu Bahia lisible au monde — Capitaines des Sables, Gabriela, Girofle et Cannelle, Tieta, Dona Flor et ses deux maris. Plus que romancier, il fut ethnographe de la culture afro-bahianaise : c'est lui qui a présenté le candomblé, la capoeira et la cuisine bahianaise au Brésil-hors-de-Bahia, avec une sensualité qui scandalisa la critique conservatrice des années 1950 et 1960. La maison est aujourd'hui une fondation culturelle, avec bibliothèque, exposition permanente et cycles de conférences. Entrée R$ 5. Allez surtout voir la collection d'éditions originales traduites dans plus de quarante langues.

Autres lectures essentielles pour comprendre la Bahia noire : Antônio Risério (Uma História da Cidade da Bahia), João José Reis (Rebelião Escrava no Brasil, sur la Révolte des Malês de 1835), et Pierre Verger (Notícias da Bahia, 1850 et les essais sur les orixás).

Quilombos et résistance — l'autre capitale

L'histoire afro-brésilienne n'est pas seulement de captivité. Autour de Salvador se sont dressés des dizaines de quilombos — communautés d'esclavisés en fuite —, dont certaines existent encore comme communautés quilombolas remanescentes (descendantes), reconnues par la Constitution de 1988 et titulaires de leurs terres via l'INCRA. Les plus connus du Recôncavo sont le Quilombo do Cabula (aujourd'hui quartier de Salvador), le Quilombo Rio dos Macacos (qui se bat encore pour son titre) et le Quilombo do Engenho da Ponte (à São Francisco do Conde).

Plus loin, dans la Chapada Diamantina, le Vale do Capão est l'une des communautés quilombolas rurales les plus anciennes et visitables du Brésil — et la communauté de Remanso, à Lençóis, fut la porte d'entrée de l'exploitation du diamant au XIXᵉ siècle (Bahia est l'endroit où le diamant fut pierre brute avant de devenir bijou à Anvers).

La Révolte des Malês — la Bahia qui faillit être

Le 25 janvier 1835, à l'aube de la fête du Bonfim, des Africains musulmans — appelés malês, du yoruba imale (musulman) — ont organisé l'une des plus grandes révoltes esclaves urbaines des Amériques. Le plan était d'occuper Salvador, de libérer les esclavisés, de déporter l'élite blanche et d'établir une république islamique afro-bahianaise. La révolte a été matée en une seule nuit, avec au moins 70 Africains tués au combat et des centaines arrêtés, mais le choc qu'elle a produit a changé la politique coloniale : à partir de 1835, Bahia et Pernambouc ont durci la surveillance, planté des indicateurs parmi les captifs, et la peur d'une autre Révolte des Malês a été invoquée pendant des décennies dans tous les débats sur l'abolition.

C'est la grande histoire méconnue du Brésil — et la plus révélatrice. Pour approfondir, lisez Rebelião Escrava no Brasil, de João José Reis, livre définitif sur le sujet. Le Memorial dos Malês, dans le quartier du Comércio, est petit et gratuit.

Lavagem do Bonfim — le syncrétisme dans la rue

Chaque deuxième jeudi de janvier, deux millions de Bahianais suivent une procession de huit kilomètres depuis l'Église de Conceição da Praia (dans la Cidade Baixa) jusqu'à l'Église Nosso Senhor do Bonfim (dans le quartier du Bonfim). C'est la Lavagem do Bonfim — l'une des fêtes religieuses les plus anciennes et les plus syncrétiques du monde. Des centaines de bahianas en blanc, avec paniers de fleurs et eau parfumée, lavent rituellement l'escalier de l'église, le « nettoyant » symboliquement pour la nouvelle année. Le Senhor do Bonfim catholique est, en candomblé, Oxalá — le père de tous les orixás, vêtu de blanc. C'est cela le syncrétisme : tous prient le même orixá et chacun l'appelle d'un autre nom.

La fête commence à 8h00 avec la sortie du trio elétrico et se termine vers 14h00 par la procession en haut du Bonfim et le déjeuner du jeudi dans les bars du quartier. Ce n'est pas un événement touristique — c'est un événement de Salvador avec des touristes dedans. Habillez-vous en blanc. Ne conduisez pas ; prenez un Uber jusqu'au Comércio et faites la procession à pied.

Fête d'Iemanjá — 2 février

Vingt jours après la Lavagem, le 2 février, la plage de Rio Vermelho accueille la plus grande fête populaire en l'honneur de l'orixá Iemanjá, mère des eaux. Des centaines de milliers de personnes, vêtues de bleu et blanc, apportent des offrandes — fleurs, parfums, miroirs, savons, lettres — dans des paniers que les pêcheurs emportent en mer pour les déposer dans l'eau. L'offrande principale part à 16h00 de la Casa do Peso, le petit terreiro centenaire au bord de la plage. La nuit, tout Rio Vermelho devient fête : paillotes, groupes, axé à fond et les bars (Cantina da Lua, Cassio Olho-Maluco, les classiques de la Mariquita) ouverts jusqu'à l'aube. C'est la plus grande fête religieuse populaire afro-brésilienne du monde. Habillez-vous en bleu et blanc ; emportez un petit cadeau personnel (une rose blanche, un parfum) à déposer vous-même dans votre offrande.

Comment visiter avec respect

Quelques notes pratiques. Tenue : blanc dans tout terreiro, lors de toute fête d'Iemanjá, à la Lavagem do Bonfim et à la messe du mardi au Pelourinho. Langage : ne dites jamais « macumba » (péjoratif) ; dites candomblé ou religion de matrice africaine. Photographie : jamais à l'intérieur de la salle du saint, jamais pendant la transe, jamais sans permission. Argent : le tourisme afro-culturel à Salvador n'est pas cher — entrées de musée R$ 5 à R$ 15, capoeira R$ 10 à R$ 20 pour voir une roda, messe du Rosário gratuite.

Pour une immersion plus profonde, Via Avantgarde organise des programmes de demi-journée ou journée entière avec des guides académiques — historiens et anthropologues bahianais, généralement affiliés à l'UFBA, qui conduisent le circuit Pelourinho–Bonfim–Terreiro avec une profondeur qu'aucun guide touristique n'atteint. Entre R$ 600 et R$ 1 200 par groupe selon la durée. Prévenez à la réservation.

Itinéraire de demi-journée : Pelourinho culturel

Pour les hôtes qui veulent voir l'essentiel en une seule plage horaire : 9h00 — Église de São Francisco (45 min) ; 10h00 — Praça Terreiro de Jesus, Cathédrale et Museu Afro-Brasileiro (1h15) ; 11h30 — descente du Largo do Pelourinho jusqu'à la Casa de Jorge Amado (30 min) ; 12h00 — Église Nossa Senhora do Rosário dos Pretos (30 min) ; 12h30 — déjeuner de moqueca chez Maria Mata Mouro ou Uauá, tous deux au Pelourinho. Si c'est mardi ou dimanche, restez jusqu'à 17h00 pour la roda de capoeira ouverte. Coût total, avec entrées, guide et déjeuner : R$ 250 à R$ 350 par personne.

Le Pelourinho la nuit

Le Pelourinho est l'une des rares zones du centre historique qui vit encore la nuit, surtout les mardis et vendredis. Les Terças da Bênção — programmation culturelle qui commence par la messe de 18h00 à São Francisco et se poursuit avec des concerts d'Olodum, Filhos de Gandhi et de groupes de samba-reggae sur le Largo Tereza Batista et le Largo Quincas Berro D'Água — sont l'une des expériences les plus authentiques de la ville. Gratuit ou avec entrée symbolique (R$ 5 à R$ 15). Le Pelourinho est sûr pour marcher jusqu'à 23h00 ; après cette heure, demandez un Uber.

Les hôtes de Via, logés dans la Cidade Alta à 5–10 minutes à pied du Pelourinho, ont l'avantage géographique complet : ils marchent pour dîner, marchent au retour, vivent les nuits du Pelourinho en voisins, pas en passagers de bus.

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